11 novembre 2008

LE CLOCHARD MILLIONNAIRE

Voici un texte que j'ai trouvé par hasard en naviguant sur le net et qui m'a interpellé :

LE CLOCHARD MILLIONNAIRE :

Le malheur de l’homme vient de sa conviction que le bonheur dépend de circonstances. Un bien-être circonstanciel est en fait une angoisse qui se cache. La peur de manquer est toujours présente même lorsque les circonstances paraissent favorables. Pour recouvrir cette peur qui menace notre maigre sentiment de bonheur relatif, nous cherchons constamment d’autres prétendus objets de bonheur. C’est un comportement compulsif généré par l’idée qu’il nous faut quelque chose pour être heureux et par la peur de manquer qui en découle.

Cette quête du bonheur circonstanciel nous conduit à chercher toujours plus loin. Après avoir obtenu les objets de nos désirs les plus proches, nous trouvons des objectifs plus lointains et donc difficiles à atteindre. Finalement, on en arrive même à cultiver des désirs irréalisables afin de justifier durablement notre sentiment d’inconfort plutôt que de se rendre à l’évidence que rien ne nous satisfera jamais. La religion, la spiritualité, ou dans ce sens, n’importe quelle autre perversion, peuvent souvent servir de support à nos ultimes projections. Autrement dit, sous prétexte d’une quête de l’inaccessible, il y a volonté inavouée de maintenir un morne statut quo.

Cependant, il peut arriver un jour que cette vie robotique nous lasse et nous laisse sans énergie pour fuir encore notre sentiment de vide. C’est la grâce de la capitulation, on abandonne, on s’abandonne. On accueille alors sa peur sans plus résister, dans le calme. Elle est là, complètement là, et puis quoi? Et puis rien, plus rien. L’attitude d’accueil, d’observation, est incompatible avec la peur qui est mouvement. On ne peut pas avoir peur de ce qui est là. On ne peut angoisser que dans le devenir.

Il survient donc une expérience inattendue de bien-être sans raison. On réalise soudain que c’est ça que nous avons toujours chercher à obtenir. On comprend aussi que cette joie gratuite a toujours été là. C’est notre condition initiale, la base de notre être. La seule raison de notre exil dans le désert brûlant du désir était d’avoir simplement oublié qu’on n’a besoin de rien, que tout nous est donné.

L’homme heureux qui réalise qu’il est libre peut encore prendre un moment pour observer avec amusement ses réflexes récurrents de mendiant. En effet, même un clochard qui a gagné le gros lot continuera un certain temps à ramasser des mégots…

Ralph Kundig

Posté par _AmerTume_ à 20:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

LE CLOCHARD

clochard1

Encore là ce matin ! Comme tous les matins depuis 6 mois, enveloppé dans sa vieille couverture écossaisse, je le vois aujourd'hui assis par terre, le dos appuyé contre le mur en face l'arrêt de bus, ses longues jambes étalées devant lui. D'habitude, je ne fais que l'apercevoir debout près de la grille à peine ouverte du bastringue d'en face, où le bristrotier lui offre chaque jour son petit-déjeuner. Ce matin, je comptais bien prendre le bus plus tôt pour terminer un boulot de la veille, mais il m'a filé sous le nez, alors j'attends le suivant et je l'observe.

Il replie soigneusement les cartons et journaux qui ont dû servir de chambre à coucher, regroupe près de son sac à dos troué les ustensiles oxydés qui ont servi à son repas de la veille. Il oublie de ramasser un fond de boîte à camembert. De l'intérieur de son sac, il sort une grosse boîte métallique, décorée de papillons rouges et bleus sur fond jaune. De sa main gauche, il la serre contre lui pendant que sa main droite soulève le couvercle. Il en retire un petit paquet qui ressemble à un jeu de cartes à jouer mais qui doivent être des photos, dépose la boîte sur sa gauche et enlève délicatement l'élastique qui les tenaient groupées. Son regard se pose sur la première, la contemple longuement et la glisse sous le paquet tenu par sa main gauche. Par moment, son attention se porte sur le bout de ses gros godillots en toile marron lacés par des bouts de ficelle beige, puis revient à sa contemplation. De temps à autre, il lève les yeux vers un passant qui le croise, lui fait un salut du tranchant de la main droite et retourne à son occupation.

Un chien roux à poils ras s'approche de lui, s'arrête près de son sac qu'il renifle. Il regarde l'animal, lui dit quelques mots, dépose ses cartes sur le couvercle de la boîte et fouille dans son sac. Il en sort un quignon de pain, le tend à la bête qui le saisit dans sa gueule en remuant la queue et reprend son errance. Avec son visage ridé aux yeux délavés, à la barbe grisonnante et hisurte, ses cheveux en bataille blanc-jaunâtre qui s'échappent de son chapeau noir, on le dirait sans âge. Mais la finesse de ses traits et celle de ses mains, le font paraître beau.

Lentement, il se redresse, s'ébroue et entame une série de mouvements de yoga ou autre gymnastique asiatique, indifférent aux sourires narquois de ceux qui s'arrêtent pour l'observer. Un mouvement rapide effraye un groupe de pigeons et de moineaux qui picoraient à quelques pas de lui. Dans un froufroutement d'ailes, ils viennent se poser près de l'abri-bus où je me trouve, sur le trottoir d'en face. D'une démarche saccadée pour les pigeons, sautillante pour les moineaux, ils reprennent leur quête de nourriture. Sous sa couverture et avec son chapeau avachi, ses gestes le font ressembler à un grand épouvantail agité par le vent. La rue s'anime peu à peu, une femme le bouscule d'un air grognon, sans s'excuser. Il perd un peu l'équilibre, se redresse et la regarde s'éloigner en hochant la tête. Puis il reprend ses mouvements comme si de rien n'était, même pas interrompu par les bruits de cirulation.

Un camion de livraison s'arrête le long du trottoir et je ne le vois plus pendant plusieurs minutes. Lorsque le camion repart, il s'est assis accroupi maintenant, serrant contre lui son sac à dos, il a du y ranger sa boîte metallique, je ne la vois plus. Les cartons et journaux sont entassés près d'une poubelle. Il regarde les gens passer devant lui, tous semblent pressés ; certains lui adressent un sourire, d'autres quelques mots, il leur répond avec gentillesse. Et bien qu'il ne tende pas la main, les plus généreux lui glissent quelques pièces dans la boîte à camembert oubliée près de lui, ils les remercie en soulevant son chapeau.

Sept heures sonnent à un clocher que l'on n'aperçoit pas, pour lui c'est un signal car le voilà à nouveau debout, toujours enveloppé de sa couverture écossaise qui s'approche à longues enjambées de la grille du bistrot. Un souvenir d'élégance lui fait défroisser son pantalon de couleur indéfinissable, du revers da sa longue main. Maintenant le rideau remonte dans un bruit de ferraille, le bistrotier en le voyant lui adresse quelques mots, pénêtre dans le bar et en ressort avec un sachet plastique vert bien garni en apparence.

L'homme le remercie, se retourne et nos regards se croisent... mon bus arrive !

Mady

Posté par _AmerTume_ à 18:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
15 octobre 2008

CRI PRIMAL

Qu'il est long et douloureux le chemin jusqu'à Soi !

Combien de couches, de carapaces, de blindages entassés, empilés, imbriqués tout au long de notre parcours de vie, au gré des expériences, des rencontres ; des émotions ; extériorisées ou au contraire refoulées.

Et puis se contraindre à aller là, profond, loin, il y a longtemps, pour qu'enfin on touche au cœur de la souffrance oubliée, ou qu'on croyait éteinte, guérie, pansée...

Alors laissez couler les larmes, celles trop longtemps réprimées, hoqueter des sanglots, décharger ses colères et s'autoriser à consoler l'enfant qui pleure en dedans.

Asdetrefle

Posté par _AmerTume_ à 14:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

L'IMAGE DE SOI... ELLE VIENT DE L'INTERIEUR....

image_de_soiL'image de soi est la façon dont on se voit ainsi que la façon dont on se sent. Une personne qui a une bonne image de soi se valorise en tant qu'individu; elle est fière de ses talents et de ses compétences, elle est satisfaite de ses succès, de son image. Bref, elle a une bonne estime d'elle-même et a confiance en elle.

Une bonne image de soi n'est pas héréditaire. Elle est modelée par des expériences vécues, par des messages positifs et négatifs, par notre famille et notre environnement; les préjugés, les stéréotypes et la discrimination sont aussi des facteurs qui affectent l'image de soi.

La perception que nous avons de nous-mêmes influence notre comportement. Si on possède une image de soi positive, nous serons portés à prendre des risques et à essayer de nouvelles choses; nous serons capables d'apprendre de nos échecs.

Objectifs spécifiques :

Définir le concept d'image de soi
Comprendre les facteurs qui affectent l'image de soi
Comprendre comment l'image de soi affecte le comportement
Découvrir la différence entre une image de soi positive et la vanité
Trouver des moyens de façonner une image de soi positive
Acquérir des stratégies permettant d'améliorer l'image de soi

Quelques chiffres….

Les filles ont tendances dès le plus jeune âge, à avoir une moins bonne image de soi que les garçons.

Une image de soi négative est une explication de dépression chez les filles, l’inactivité physique chez les garçons et l’obésité chez les deux.

Une image positive à l’adolescence a un effet positif à long terme sur l’autoévaluation de l’état de santé chez les filles.

Lorsque vous vous regardez dans une glace, que voyez-vous ? La plupart auront tendance à répondre : «MOI !». Et c'est là que tout commence... Ce n'est pas soi que l'on voit. Autrement le «MOI» serait réduit à une tête, un cou, des épaules, peut être plus si le miroir est en pied. Dans ce cas là, prenons deux miroirs : il y a deux MOI, ajouté du MOI qui se regarde. Et si la pièce est remplie de miroirs ?
Dolto racontait l'histoire de ce couple d'américain en voyage à Paris. Ils avaient emmené leur fils avec eux. Etant dans l'obligation de le laisser seul, il l'avait confié à une nourrice. La pièce où il pouvait jouer contenait de nombreux miroirs. Cet enfant fut très vite présenté à Françoise Dolto : destructuration de la personne... Personne n'avait songé à expliquer ce qu'était un miroir et ce qu'il refletait réellement. Ce jeune garçon s'était vu, lui, dans ces miroirs. Il y avait plusieurs LUI, or il pensait être UN. C'est un aspect schizophrénique.

Autre cas que Dolto avait eu à résoudre : une maman avait des jumeaux, homozygotes c'est à dire des «vrais-jumeaux», issus du même oeuf. Il se ressemblait donc parfaitement. A quatre ans, l'un deux tomba malade. Il resta à la maison tandis que son frère partit à l'école. La maman, alors qu'elle faisait la cuisine, entendit son fils appeler et crier contre son frère. Elle rentra dans la chambre où il était resté et le vit devant un miroir en train de se regarder. L'enfant se disputait avec son frère. Ce qu'il voyait dans le miroir était son frère, pas lui.

Réflection de l'image et réflexion sur soi :

Ces deux exemples viennent illustrer le propos et pose la question : y-a-t-il un danger à se voir soi dans le miroir ? Danger n'est peut être pas le terme approprié. Vous l'aurez compris, ce n'est pas SOI que l'on voit dans un miroir, mais une image de soi. Une représention, un reflet de soi n'est pas suffisant pour ETRE. Prenons l'exemple du miroir déformant, il est évident qu'il s'agit d'une image «déformée» de soi. Quelquefois plus large, plus haut, ces types de miroirs vous modèlent presque à l'infini. Il ne viendrait pas à l'idée qu'un simple miroir puisse également déformer. Pourtant le miroir renvoit une image qui ne correspond à une réalité entière.

Certains matins, devant le même miroir, vous pouvez vous trouver «beau» ou «laid» suivant l'image que vous percevez. Des cernes sous les yeux peuvent radicalement changer l'image que vous avez de vous. Mais cette image n'est que le reflet de ce que vous produisez dans votre tête. Si vous vous sentez bien, vous vous «verrez» bien, et réciproquement. Un petit bouton sur le visage présent depuis plusieurs jours peut prendre beaucoup d'aspects et une dimension différente sans prévenir, sans savoir pourquoi. On aura beau se retrancher derrière un : «je ne l'avais pas vu», sa présence soudaine modifie l'intégralité de son être et l'on se retrouve bien souvent réduit à ce simple bouton. On ne voit plus que lui, «les autres, c'est certain, ne voit que ce bouton». Et vous d'autres tenteront de vous rassurer, plus vous en parlerez, plus vous y penserez et plus effectivement vous deviendrez ce bouton et non plus ce «beau jeune homme» ou «belle jeune fille» que vous étiez hier.

Entre les exemples cités par Dolto et notre petit bouton, l'écart est en réalité infime. Il s'agit d'une représentation de soi et non pas soi même. La confusion peut amener à des déchirements importants. La prochaine fois que vous vous regarderez dans une glace, pensez-y, il s'agit de votre image, de votre reflet, et non pas vous-même. S'apercevoir simplement de cette différence, sans chercher à aller plus loin, c'est déjà apprendre à se distinguer ce qui est et de ce qui n'est qu'une image. C'est déjà s'aimer un peu plus...

Par Bettina

Posté par _AmerTume_ à 13:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 juillet 2007

PETITES REFLEXIONS IDIOTES... OU PAS...

Le rire est la seule chose qui différencie l'homme de la bête, si l'on excepte toutefois la veulerie, la méchanceté, l'avarice, la cruauté mentale, l'orgueil, la perfidie, la malhonnêteté, l'alcoolisme, la vulgarité, l'appât du gain et le sens des affaires.

Pour avoir de l'argent devant soi les gens mettent de l'argent de côté. C'est idiot.

On dit que boire du café empêche de dormir. Par contre, dormir empêche de boire du café.

Prendre un coup de vieux, ça ne veut pas obligatoirement dire qu'on se fait taper dessus par un octogenaire.

Comment voulez-vous que je sache si je suis trop gros ? Je ne vois pas le cadran de la balance.

La différence entre l'amour et l'argent, c'est que si on partage son argent, il diminue. Tandis que si on partage son amour, il augmente. L'idéal étant d'arriver à partager son amour avec quelqu'un qui a du pognon.

Un journal coupé en morceau, ça n'intéresse aucune femme. Par contre, une femme coupée en morceau, ça intéresse les journaux.

Moi l'augmentation du prix de l'essence, je m'en fous. Je prends toujours pour 20 euros.

Les hommes sont plus que les femmes victimes de la drogue. Les femmes sont plus que les hommes victimes de la drague.

Il n'est pas nécessaire d'être gros pour être un gros con. Il suffit d'être con.

Dans ce monde de profit qui est le nôtre, l'argent est roi. Tout se monnaie. Tout se paye. Seule la violence est gratuite.

Pour devenir officier, il faut avoir été sous-officier. Pour devenir marin, il n'est pas nécessaire d'avoir été sous-marin.

Si les chats étaient plus sympas avec les souris, les souris n'auraient plus peur des chats. Et ce serait vachement plus facile de les attraper.

Posté par _AmerTume_ à 20:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

27 mars 2007

D'UN AUTRE MONDE...

extraterreestereJ'ai toujours eu l'impression de vivre dans un monde qui n'est pas le mien. D'être d'une époque qui n'est pas la mienne. D'un temps qui m'est étrangé. Je ne suis pas à l'aise dans le monde dans lequel je vis. Les raisons en sont multiples et personnelles souvent. Il n'y a rien d'original à ne pas se sentir bien au moment où l'on existe, rien que très banal dans cet état. Il n'en est pas moins difficile de se sentir en décalage, d'être à contre-courant, de n'être pas dans un moule ou un autre.Et quand je vois justement le monde où ne règne que l'argent, je me sens découragée au delà du possible. Rien que de très banal là aussi, mais ca n'en reste pas moins vrai. Je me désinteresse de la politique parce que la politique s'est désintéressé de nous. Un peu comme ces amis que l'on relance sans cesse et qui ne répondent pas, qu'on finit par laisser tomber, lassé que cela ne marche que dans un seul sens. On nous explique qu'il n'y a qu'une seule voie possible, que l'on vit dans la mondialisation, que toutes les raisons sont économiques. La seule chose à faire, la meilleure, est de  parler d'autre chose, du temps qu'il fait ou qu'il ne fait pas, de cet hiver qui n'est pas venu, de mes prochaines vacances que je ne prendrai pas, de ce que je mangerai demain. Quand j'entends gloser tel ou tel expert sur telle ou telle situation et qui prennent des airs sérieux, pénétrés pour nous expliquer des enjeux qui n'en sont plus je préfère ne rien dire et penser à autre chose...

Posté par _AmerTume_ à 11:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
09 mars 2007

SA PETITE PLANTE

plante

Sa petite plante

 Un jour le Grand Jardinier me confia
Une plante d'une qualité très rare, et très belle ;
« Je reviendrai la chercher », dit-il en souriant ;
« Soigne-la bien, en la gardant pour moi. »

J'en ai pris soin, et la plante a grandi,
Elle a donné une fleur aux couleurs rayonnantes,
Belle et fraîche, comme l'aurore au printemps.
Mon âme était radieuse, mon bonheur sans égal.

De toutes mes fleurs, elle était la plus glorieuse,
Son parfum, son aspect étaient merveilleux ;
J'aurais voulu la garder, tant mon cœur s'y était attaché
Pourtant, je savais qu'Il reviendrait la chercher.

Et voici, Il est venu un jour me demander
La jolie plante qu'Il m'avait prêtée...
Je tremblais ! Mais c'est vrai qu'Il m'avait dit
Qu'un jour Il reviendrait pour me la réclamer.

« C'est parfait », dit-Il en respirant son parfum
Alors, en se penchant, Il a parlé doucement :
« Si elle reste dans ce sol, elle va perdre sa splendeur,
Je veux la transplanter dans mon jardin Là-haut. »

Avec tendresse, Il la prit et s'envola
Pour la planter Là-haut où les fleurs ne se fanent pas.
Et un jour futur, dans ce Jardin de Gloire,
Je la retrouverai épanouie, et elle sera mienne.

Anonyme

Posté par _AmerTume_ à 10:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
07 mars 2007

POUR ETRE UN BON MOURANT

Je n'ai qu'une toute petite foi, naturelle, fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète. Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu’à une certitude.

Mais, voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison, il m’apparaît irrationnel, absurde, illogique, injuste, contradictoire et intellectuellement impensable que la vie humaine ne soit qu’un insignifiant passage de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse.

Il me semble impensable que la vie se termine bêtement par une triste dissolution de la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuse clarté, de si riche espérance et de si douces affections. Il me paraît répugner à la raison de l’homme autant qu’à la providence de Dieu que l’existence ne soit que temporelle et qu’un être humain n’ait pas plus de valeur et d’autre destin qu’un caillou.

Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté, c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement. Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence.

La tombe est un berceau. Et le dernier soir de notre vie temporelle est le premier matin de notre éternité.

« Ô mort si fraîche, ô seul matin », disait Bernanos.

Car la mort, ce n’est pas une chute dans le noir, c’est une montée dans la lumière. Quand on a la vie, ce n’est peut-être que pour toujours.

Comme dit le poète, parce que ce sont toujours les poètes qui voient mieux le fond des choses :

« Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre coté des tombeaux,
Les yeux qu’on ferme voient encore. »

La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas. Or notre âme est immortelle. Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort…. C’est l’immortalité.

Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître. Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ? Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?

Et si naître n’est qu’une façon douloureuse d’accéder au bonheur de la vie, pourquoi mourir ne serait-il pas qu’une façon douloureuse de devenir heureux ?

Doris Lussier

Posté par _AmerTume_ à 11:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
06 mars 2007

A MEDITER...

Cette nuit-là...

Cette nuit-là, je ne le vis pas se mettre en route. Il s’était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre, il marchait, décidé, d’un pas rapide.  Il me dit seulement :
    
Ah ! Tu es là ...
     Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore :
    
Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J’aurai l’air d’être mort, mais ce ne sera pas vrai ...
     Moi, je me taisais.
    
Tu comprends. C’est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C’est trop lourd.
     Moi, je me taisais.
    
Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n’est pas triste les vieilles écorces.

Antoine de Saint-Exupéry
Le Petit Prince

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L'arbre et la graine

Quelqu’un meurt, et c’est comme des pas qui s’arrêtent...
Mais si c’était un départ pour un nouveau voyage ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme une porte qui claque...
Mais si c’était un passage s’ouvrant sur d’autres paysages ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme un arbre qui tombe...
Mais si c’était une graine germant dans une terre nouvelle ?

Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle...
Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie ?

Benoît Marchon

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ils ne nous quittent pas

     La grande et triste erreur de quelques-uns, c'est de s'imaginer que ceux que la mort emporte nous quittent : ils ne nous quittent pas, ils restent.

     Où sont-ils ? Dans l'ombre ? oh non, c'est nous qui sommes dans l'ombre. Eux, sont à côté de nous, sous le voile, plus présents que jamais. Nous ne les voyons pas, parce que le nuage obscur nous enveloppe, mais eux nous voient. Ils tiennent leurs beaux yeux pleins de lumière arrêtés sur nos yeux pleins de larmes. ô consolation ineffable, les morts sont des invisibles, ce ne sont pas des absents.

     J'ai souvent pensé à ce qui pourrait le mieux consoler ceux qui pleurent. Voici : c'est la foi en cette présence réelle et ininterrompue de nos morts chéris ; c'est l'intuition claire, pénétrante, que, par la mort, ils ne sont ni éteints, ni éloignés, ni même absents, mais vivants près de nous, heureux, transfigurés, et n'ayant perdu, dans ce changement glorieux, ni une délicatesse de leur âme, ni une tendresse de leur cœur, ni une préférence de leur amour, mais ayant au contraire, dans ces profonds et doux sentiments, grandi de cent coudées.

     La mort, pour les bons, est la montée éblouissante dans la lumière, dans la puissance et dans l'amour

Monseigneur Bougeaud
évêque d'Angers

Posté par _AmerTume_ à 11:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 mars 2007

REPETITIONS

Sans_titre2Le silence. La solitude. Le temps qui passe, surtout celui qui ne passe pas. Heures épuisées au matin humide quand la pluie vient de tomber, que l'air est froid et pénétrant ; les yeux s'ouvrent pour ne plus se refermer jusqu'au creux de la nuit suivante. Et l'on se lève le corps et le coeur lourd. On se lève et on ne sait pas pourquoi. On se lève parce qu'il faut se lever, comme une habitude malsaine dont ne peut plus se libérer tant elle a été inscrite en nous. On fume une cigarette. Une autre. Un café tente de se frayer un passage dans notre estomac en nous brûlant la bouche. Quelques bruits parviennent de la vie du dehors : un chien qui aboie, des éclats de voix ou de rire ; des cris d'enfants et des voitures qui passent. Une espèce de vie qui semble étrangère. Encore une cigarette, le cendrier qui se remplit. On brule un bâtonnet d'encens qui emplit la pièce d'une odeur âcre que l'on ne supporte pas ; on ouvre la fenêtre et on respire l'air au maximum. Les pensées se bousculent, s'entrechoquent comme au premieres secondes du monde dans un bouleversement formidable de sentiments qui émergent d'un peu partout. On se parle à défaut de pouvoir parler à quelqu'un, parce que l'on se répète ; presque à l'infini. Les mots, les phrases, les lettres et les chiffres sont toujours les mêmes inexorablement. Alors on ne se parle plus qu'à soi, on s'écoute, on s'entend ; trop.  De tout le corps arrivent les douleurs qui se remplacent mutuellement. On sort. On regarde les gens qui passent, qui parlent, qui semblent heureux. On prend un café. Un livre dont on lit quelques lignes. On prend des photos. On pense. Trop. On essaie d'oublier. Pas assez. La nuit tombe, lourde, libératrice et angoissante à la fois parce qu'on sait qu'elle sera longue.

"Il faut vivre ou survivre" disait la chanson.

Ecrit d'Olivier

Posté par _AmerTume_ à 21:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :